Carleton-sur-Mer, 08 avril 2016 – Les Producteurs de lait de la Gaspésie – Les Îles et la Fédération régionale de l’UPA ont rencontré la ministre du Revenu national Madame Diane Lebouthillier et le député libéral Monsieur Rémi Massé pour exiger du gouvernement fédéral qu’il règle le problème des importations de lait diafiltré rapidement. Cette problématique de contournement des contrôles frontaliers et des normes de fabrication des fromages a pris des proportions très inquiétantes.

 

Le gouvernement a formellement reconnu l’existence du problème. En effet, La Terre de chez nous rapportait le 5 février dernier le contenu d’un courriel du bureau du ministre Lawrence MacAulay : « Nous sommes conscients des préoccupations de l’industrie concernant l’utilisation du lait diafiltré dans la fabrication du fromage. Selon les normes compositionnelles du fromage, il n’a jamais été dans les intentions que le lait diafiltré soit utilisé au lieu du lait. Nous travaillons afin d’assurer que les règles sont claires pour tous. Le Canada reconnaît l’importance de mesures de contrôle efficaces des importations et gère ses importations conformément à ses obligations en matière de commerce international », affirmait le ministre. Cette même déclaration avait été faite deux jours plus tôt lors d’une allocution du ministre devant les délégués des Producteurs laitiers du Canada. Malgré ces engagements répétés, aucune mesure concrète n’a encore été annoncée par le gouvernement deux mois plus tard.

 

«On ne demande pas d’argent au gouvernement, on leur demande d’agir. La solution au problème des importations de lait diafiltré est politique. Le gouvernement libéral a montré, dans plusieurs dossiers, qu’il est capable d’agir rapidement, il faut qu’il règle ce problème rapidement et une bonne fois pour toutes! » a déclaré Monsieur Normand Barriault, président des Producteurs de lait de la Gaspésie – Les Îles.

 

Les isolats de protéines laitières (IPL) et le lait diafiltré, sont des ingrédients qui remplacent de plus en plus la protéine du lait frais canadien dans la fabrication de certains produits laitiers. « C’est insensé que notre lait, produit dans nos fermes à dimension humaine et selon les exigences des Canadiens, soit remplacé par des excédents de production du marché américain. Ces importations créent des surplus et notre lait est donné à l’alimentation animale, c’est inacceptable » a ajouté Monsieur Normand Barriault.  On estime que les importations d’IPL atteindront 32 000 tonnes en 2015, causant un manque à gagner de plus de 200 millions de dollars aux producteurs.

 

Rappelons qu’il existe des normes de composition des fromages. Ces normes établissent un pourcentage minimum de protéines qui doivent provenir du lait dans le fromage et limitent l’ajout d’ingrédients laitiers tels les IPL pour compléter la recette de fabrication. À la frontière, le lait diafiltré est classé comme ingrédient laitier (concentré de protéines laitières de plus de 85 % sur une base sèche) et exempté de tarifs. Une fois au Canada, l’ACIA le considère comme du lait et non comme ingrédient laitier dont l’ajout est plafonné dans les recettes de fromage.  « Il y a un manque de cohérence entre l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). L’ASFC le considère comme un ingrédient et l’ACIA le considère comme du lait, ça marche pas », a déclaré Monsieur Christian Côté, président de la Fédération de l’UPA de la Gaspésie – Les Îles.

 

« La production laitière est un secteur économique très important pour la région, 18 fermes, 96 emplois directs et indirects et 6.5 millions $ d’apport à l’économie de la région. Nos élus doivent contribuer à régler le problème. » a ajouté Monsieur Christian Côté.

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Source et information :
Stéphane Day
Directeur adjoint
Fédération de l'UPA de la Gaspésie-Les Îles
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